Gynécomastie et Hypogonadisme
Mécanisme physiopathologique
- L'obésité peut causer un hypogonadisme en raison d'une aromatisation accrue de la testostérone en œstradiol dans le tissu adipeux, augmentant directement les niveaux d'œstrogènes 2, 3
- Cette aromatisation excessive provoque un rétrocontrôle négatif sur l'axe hypothalamo-hypophysaire, réduisant davantage la production de testostérone 2
Évaluation diagnostique
- La mesure de la testostérone totale matinale (entre 8h et 10h) à deux reprises, avec un seuil diagnostique d'hypogonadisme <300 ng/dL, est essentielle pour évaluer la fonction gonadique 4, 5
- Le taux de testostérone libre par dialyse à l'équilibre doit être déterminé, particulièrement chez les patients obèses 2
- Les taux de LH et FSH doivent être mesurés pour distinguer un hypogonadisme primaire (testiculaire) d'un hypogonadisme secondaire (hypothalamo-hypophysaire) 2, 5
- L'œstradiol sérique doit être mesuré chez les patients présentant des symptômes mammaires ou une gynécomastie avant d'initier tout traitement par testostérone 6
- La prolactine doit être mesurée chez les patients ayant une testostérone basse avec LH basse ou normale-basse 5, 6
Prise en charge
- Le traitement substitutif par testostérone peut être indiqué en cas d'hypogonadisme avéré et peut améliorer la gynécomastie 2, 3
- Les préparations transdermiques de testostérone (gel, patch) sont généralement préférées aux injections intramusculaires en raison de la stabilité des taux de testostérone 3
- Les taux de testostérone doivent être surveillés 2 à 3 mois après l'initiation du traitement pour s'assurer que des concentrations normales sont atteintes 3
Points importants à considérer
- Chez les patients obèses, l'hypogonadisme fonctionnel est fréquent et peut s'améliorer avec la perte de poids 2, 7
- Une IRM hypophysaire est recommandée chez les hommes ayant une testostérone <150 ng/dL avec LH basse ou normale-basse, même avec des taux de prolactine normaux, pour exclure un adénome non sécrétant 6